Avez-vous une politique de recrutement et de sélection en place dans votre entreprise ?

Le service RH ne peut pas improviser un recrutement à chaque poste ouvert. Une politique de recrutement et de sélection fixe les critères, les rôles et les délais applicables à toute l'organisation, dans le respect du cadre légal français.

politique de recrutement et de sélection

Une politique de recrutement et de sélection formalise les règles que le service RH et les managers appliquent à chaque recrutement : critères de sélection, canaux autorisés, délais, budget. Elle transforme des pratiques disparates entre équipes en un cadre commun, applicable quel que soit le poste ouvert.

Sans ce cadre, chaque manager improvise ses propres critères, ce qui expose à la fois à un risque juridique et à une expérience candidat incohérente selon le service qui recrute.

Qu’est-ce qu’une politique de recrutement et de sélection ?

Une politique de recrutement et de sélection ne décrit pas les étapes d’un recrutement en particulier, c’est le rôle du processus de recrutement. Elle fixe les règles communes qui s’appliquent à tous les recrutements, quel que soit le poste.

Deux entreprises peuvent suivre le même processus de recrutement (sourcing, entretiens, décision) tout en appliquant des politiques différentes : l’une privilégie la promotion interne, l’autre le recrutement externe systématique ; l’une fixe un budget par poste, l’autre non.

La politique de recrutement s’articule avec l’évaluation des candidats et la marque employeur : elle définit les critères utilisés en entretien et le ton des communications envoyées aux candidats.

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Pourquoi mettre en place une politique de recrutement ?

Trois risques concrets justifient de formaliser une politique plutôt que de laisser chaque manager improviser.

Le risque juridique arrive en premier. Sans critères écrits, un recruteur s’expose plus facilement à une discrimination involontaire à l’embauche, interdite par l’article L1132-1 du Code du Travail.

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Le deuxième risque est l’incohérence entre managers. Sans grille commune, deux départements peuvent évaluer un même profil selon des critères différents, ce qui complique les recours internes et fragilise la marque employeur.

Le troisième est l’expérience candidat. Sans politique, les délais de réponse et le ton des refus varient d’un recruteur à l’autre, ce qui se répercute sur la réputation de l’entreprise auprès des candidats, sur Glassdoor comme sur LinkedIn.

Que doit contenir une politique de recrutement ?

Une politique de recrutement complète répond à cinq questions concrètes :

  • Les critères de sélection retenus : compétences techniques, savoir-être, diplômes exigés ou non, et la façon de les objectiver en entretien.
  • Les canaux de diffusion autorisés : jobboards, cooptation, réseaux sociaux, cabinets, avec un budget par canal.
  • Les rôles de chacun dans la décision : qui présélectionne, qui décide, à partir de quel niveau la direction est impliquée.
  • Les délais maximums à chaque étape, pour éviter un processus qui s’étire et fait perdre les meilleurs candidats.
  • Les règles de traitement des données candidats : durée de conservation des CV, information des candidats, conformité RGPD.

Les différents modes de recrutement à intégrer

Une politique de recrutement précise, pour chaque mode, les règles spécifiques qui s’appliquent. Le recrutement interne donne la priorité aux salariés en mobilité ou en promotion, avant toute diffusion externe. Le recrutement externe passe par les jobboards, les réseaux sociaux professionnels ou les cabinets, avec un budget et des délais définis par canal. La cooptation implique des primes éventuelles et des règles de transparence pour éviter les conflits d’intérêt.

L’alternance et le stage demandent un encadrement pédagogique et s’articulent avec la politique de formation. Le freelance et l’intérim restent un recours encadré pour des besoins temporaires, sans se substituer à une politique d’embauche durable.

Quelle place pour l’IA dans une politique de recrutement ?

L’intelligence artificielle change la façon de trier, d’évaluer et de contacter les candidats, ce qui pousse la politique de recrutement à trancher des questions qu’elle n’avait pas à couvrir il y a quelques années : quels outils sont autorisés, sur quelles étapes, et avec quel niveau de supervision humaine.

Le règlement européen sur l’IA (AI ACT) classe les outils de tri de CV et de scoring comme systèmes à haut risque, avec des obligations de transparence et de supervision humaine.

Concrètement, des outils comme Bizneo ATS permettent par exemple à un chatbot de mener un premier entretien avec chaque candidat au-delà de ceux que l’équipe peut recevoir en direct, de classer automatiquement les profils par compatibilité avec l’offre grâce à un tri sémantique, ou encore de relancer d’anciens candidats par campagne WhatsApp.

Ces usages gagnent en efficacité, mais une politique de recrutement doit prévoir la manière dont ils sont annoncés aux candidats et le point à partir duquel une décision humaine reprend la main.

Comment mettre en place une politique de recrutement ?

Cinq étapes structurent la mise en place, quelle que soit la taille de l’entreprise.

  • Étape 1 : identifier les besoins. Postes à pourvoir, volumes attendus, échéances par service.
  • Étape 2 : définir les critères de sélection. Compétences, expérience, valeurs, en cohérence avec le principe de non-discrimination évoqué plus haut.
  • Étape 3 : formaliser le document. Règles, rôles de chacun, canaux de diffusion utilisés.
  • Étape 4 : diffuser en interne. Recruteurs, managers et équipes RH doivent connaître et appliquer les mêmes règles.
  • Étape 5 : réviser régulièrement. La politique évolue avec les résultats observés et les retours du terrain.

Exemples concrets de politiques de recrutement

  • Une PME plafonne à trois le nombre d’entretiens avant décision, pour réduire le taux d’abandon des candidats en cours de processus.
  • Un groupe industriel impose la cooptation comme canal prioritaire sur les postes techniques en tension, avant tout recours à un cabinet.
  • Une entreprise de services fixe un délai de réponse maximum de cinq jours ouvrés à chaque candidat, y compris en cas de refus.
  • Une entreprise en forte croissance réserve un quota de postes à la promotion interne avant toute ouverture externe.
  • Un acteur du retail encadre le recours à l’intérim par une durée maximale avant transformation en CDI.
À lire également : 7 signes qui démontrent que vous avez besoin d’un ATS recrutement.

Comment mesurer l’efficacité de sa politique de recrutement ?

Trois indicateurs suffisent pour suivre l’impact réel d’une politique de recrutement. Le délai moyen de recrutement, du besoin identifié à la signature du contrat, révèle si les étapes fixées sont respectées dans la pratique. Le taux de rétention à 12 mois indique si la politique attire les bons profils ou seulement des candidatures nombreuses. Le coût par embauche, enfin, permet de vérifier que les moyens alloués restent cohérents avec les résultats obtenus.

Logiciel de Recrutement

Un logiciel de recrutement comme Bizneo ATS aide à appliquer concrètement les règles fixées par la politique de recrutement: diffusion automatique sur plus de 200 portails d’emploi et 400 universités, scorecards pour évaluer les candidats sur des critères objectifs, killer questions pour présélectionner selon les critères retenus, et conformité RGPD intégrée.

Bizneo HR indique par exemple que ses tests psychométriques augmentent jusqu’à 25-30 % la probabilité de réussir un recrutement, sur un poste où une erreur de casting peut coûter jusqu’à 5 fois le salaire concerné.

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