Comment construire un plan de carrière pour retenir vos talents

Un plan de carrière structure le parcours d'évolution d'un collaborateur au sein de l'entreprise. Pour un DRH, c'est l'outil qui permet de réduire le turnover, d'anticiper les besoins en compétences et d'éviter la fuite des talents vers la concurrence.

plan de carrière

Selon une étude du cabinet Hays, 8 salariés français sur 10 souhaitent changer de poste. Pour les entreprises qui ne proposent pas de perspectives d’évolution structurées, le coût se mesure en départs non anticipés : remplacer un collaborateur représente entre 50 % et 200 % de son salaire annuel, selon son niveau de responsabilité. Un plan de carrière constitue le cadre sans lequel aucune politique de rétention ne tient.

À cela s’ajoute une réalité légale française que les entreprises ignorent souvent : l’entretien professionnel obligatoire tous les deux ans (Article L6315-1 du Code du Travail) est précisément le moment prévu par le législateur pour aborder le parcours d’évolution du collaborateur. Sans plan de carrière structuré, cet entretien devient un exercice vide. Avec, il devient un levier de rétention concret.

Index

Qu’est-ce qu’un plan de carrière ?

Un plan de carrière est un dispositif RH qui formalise le parcours d’évolution professionnel d’un collaborateur au sein de l’entreprise : les postes accessibles, les compétences à acquérir, les formations à suivre et les délais envisagés. C’est à la fois un engagement de l’entreprise et une feuille de route pour le salarié.

Il se distingue du plan de développement des compétences en ceci qu’il ne se limite pas à la montée en compétences sur un poste existant : il trace une trajectoire vers de nouvelles fonctions, avec une projection à court, moyen ou long terme.

Le plan de carrière implique deux parties aux intérêts convergents :

  • Le collaborateur, qui souhaite se projeter, maintenir sa motivation et voir reconnu son potentiel par des perspectives concrètes.
  • L’entreprise, qui cherche à disposer de collaborateurs mieux préparés, capables d’assumer des responsabilités croissantes sans recourir systématiquement au recrutement externe.

Plan de carrière et droit du travail en France : ce que dit le Code du Travail

En France, plusieurs dispositifs légaux créent un cadre favorable à la mise en place de plans de carrière, voire l’exigent.

L’entretien professionnel : point d’entrée obligatoire

L’entretien professionnel est obligatoire tous les deux ans pour chaque salarié (Article L6315-1 du Code du Travail). Il porte sur les perspectives d’évolution professionnelle, notamment en termes de qualification et d’emploi. Tous les six ans, un bilan récapitulatif doit confirmer que le salarié a bénéficié d’au moins une formation non obligatoire, d’une progression salariale ou professionnelle, ou d’un entretien professionnel.

Un manquement à cette obligation peut entraîner une sanction financière : l’entreprise verse 3 000 € par salarié concerné sur le compte CPF, en cas de non-respect constaté lors du bilan sexennal. Cet entretien est donc le moment naturel pour formaliser le plan de carrière du collaborateur.

Evaluation des performances par objectifs

La GPEC/GEPP : obligation pour les entreprises de plus de 300 salariés

Les entreprises de plus de 300 salariés (et les groupes dont l’effectif atteint 300 salariés en France) sont soumises à une négociation obligatoire sur la Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels (GEPP), anciennement appelée GPEC (Article L2242-20 du Code du Travail).

Cette négociation triennale doit notamment porter sur les conditions de la mobilité professionnelle interne, la mise en place du plan de formation et les conditions d’accès au CPF.

Le CPF : un outil à intégrer dans le plan de carrière

Le Compte Personnel de Formation (CPF) est alimenté automatiquement chaque année pour tous les salariés. Il permet de financer des formations certifiantes sans engagement budgétaire direct de l’entreprise. Intégrer le CPF dans la conception du plan de carrière permet au DRH d’optimiser le coût des parcours de formation tout en maintenant un niveau d’exigence élevé sur les certifications ciblées.

Comment évaluer le potentiel d’un collaborateur avant de construire son parcours

Avant de définir un quelconque objectif d’évolution, le département RH doit disposer d’une photographie fiable du collaborateur : ses compétences actuelles, ses axes de progression et ses aspirations. Cette étape d’évaluation conditionne la pertinence de tout ce qui suit.

Identifier les compétences et les écarts

La première tâche consiste à cartographier les compétences du collaborateur par rapport aux exigences du poste cible. L’analyse des écarts de compétences (gap analysis) permet d’identifier précisément ce qui sépare l’état actuel de l’objectif visé : compétences techniques manquantes, postures managériales à développer, certifications à obtenir.

Un logiciel de gestion des compétences centralise ces informations et les restitue sous forme de graphiques qui facilitent la prise de décision. Il permet également de segmenter l’évaluation par profil et de suivre la progression dans le temps, sans dépendre de fichiers Excel dispersés entre les managers.

logiciel évaluation des compétences

Évaluer le potentiel et les aspirations

Tous les collaborateurs n’ont pas la même ambition d’évolution hiérarchique. Certains souhaitent approfondir leur expertise sans changer de poste ; d’autres visent une mobilité transversale ou une montée en responsabilité. L’entretien professionnel, combiné à des outils d’évaluation structurés, permet de recueillir ces aspirations de façon fiable et documentée.

L’évaluation doit également intégrer la qualité de vie au travail du collaborateur. Des enquêtes internes confidentielles permettent de mesurer le niveau d’engagement, les facteurs de démotivation et les relations avec l’équipe, avant même que le plan de carrière ne soit formalisé. Un collaborateur peu engagé ne sera pas réceptif à un plan de carrière, aussi bien conçu soit-il.

Logiciel de Gestion des Compétences
logiciel de gestion de la formation

Les 7 étapes pour construire un plan de carrière structuré

Une fois le diagnostic posé, la construction du plan de carrière suit un processus en sept étapes. Ce n’est pas une formule universelle : certaines étapes seront compressées pour les collaborateurs dont l’orientation est claire, étendues pour ceux dont le potentiel est large. Ce qui ne change pas, c’est l’ordre logique.

7 étapes pour construire un plan de carrière.

Étape 1 : fixer les objectifs et identifier les postes cibles

Les objectifs du plan de carrière doivent être alignés sur les besoins réels de l’entreprise et sur les postes effectivement disponibles ou anticipés dans l’organigramme. Définir précisément les métiers accessibles et les compétences clés pour chaque poste cible est la condition sine qua non d’un plan crédible aux yeux du collaborateur.

À ce stade, il convient de rassembler les données de base du dossier collaborateur : poste actuel et fonctions détaillées, ancienneté, niveau d’études, résultats des évaluations de performance, compétences validées et axes de développement identifiés.

Étape 2 : définir les objectifs de formation

Une fois le poste cible et l’écart de compétences identifiés, le département RH définit les objectifs de formation correspondants. Ces objectifs doivent répondre aux besoins de l’entreprise et aux attentes du collaborateur : un plan de carrière imposé sans adhésion du principal intéressé ne produit pas les résultats attendus.

Le logiciel de gestion de la formation facilite ce processus en permettant au collaborateur de suggérer lui-même des domaines de formation, que le RH peut ensuite valider, ajuster ou compléter en fonction de la stratégie de l’entreprise.

Étape 3 : concevoir le parcours de formation

La conception du parcours détermine comment les objectifs seront atteints : modalités de formation (présentielle, distancielle, mixte), calendrier, budget, intégration des droits CPF du collaborateur. La technologie LMS (Learning Management System) structure l’ensemble de ces tâches et garantit l’accès à l’historique des dossiers, la vérification de l’assiduité et le suivi de l’efficacité des formations.

L’adaptabilité est ici un critère non négociable : chaque collaborateur peut avoir besoin d’un parcours spécifique. Les formats flexibles, à la demande, permettent à chacun d’intégrer la formation dans son rythme de travail sans désorganiser l’équipe.

Parcours de Formation

Étape 4 : mettre en oeuvre la formation

L’exécution du plan de formation peut intégrer des approches variées selon le profil du collaborateur et la nature des compétences à développer. La gamification de l’apprentissage est particulièrement efficace pour les compétences comportementales et managériales : des mécanismes de progression par niveaux, de défis et de récompenses maintiennent l’engagement sur des parcours longs.

Le mentorat interne, associer le collaborateur en développement à un manager expérimenté, est une modalité à fort impact et à coût limité. Il favorise le transfert de culture d’entreprise et prépare concrètement à la prise de poste visée.

Système de Gestion de l'apprentissage

Étape 5 : communiquer le plan en interne

La communication du plan de carrière au collaborateur concerné est une étape souvent négligée. L’annonce d’une perspective d’évolution doit être formalisée : elle crée un engagement réciproque, renforce la crédibilité de la démarche RH et fixe des attentes claires pour les deux parties.

Au-delà du collaborateur directement concerné, le management de proximité doit également être informé et impliqué. Un manager qui découvre le plan de carrière de l’un de ses collaborateurs sans avoir été consulté est un frein à son exécution.

Étape 6 : suivre la progression et ajuster

Un plan de carrière sans suivi est un document. Le suivi régulier de la progression, points intermédiaires avec le manager, tableaux de bord RH, alertes automatiques sur les jalons clés, transforme le plan en processus vivant. Les écarts constatés (retard de formation, changement d’objectif du collaborateur, réorganisation interne) doivent pouvoir être traités rapidement pour éviter que le plan ne devienne obsolète.

Talent Mapping

Étape 7 : évaluer le parcours et préparer le cycle suivant

À la fin du parcours, une évaluation formelle mesure les résultats obtenus : compétences acquises, prise de poste effective ou préparation avancée, satisfaction du collaborateur. Ces informations alimentent directement l’amélioration des plans futurs et constituent un actif pour le département RH dans les négociations GEPP ou lors de l’audit sexennal de l’entretien professionnel.

Quels outils pour piloter un plan de carrière en entreprise

La complexité du plan de carrière tient à la quantité de données à gérer simultanément : compétences par collaborateur, objectifs de poste, formations disponibles, progression individuelle, calendriers. Sans outillage adapté, la charge administrative absorbe l’essentiel du temps RH au détriment du pilotage stratégique.

Bizneo HR centralise dans un dossier unique par collaborateur les évaluations de compétences, les objectifs individuels définis en entretien professionnel, l’historique de formation et les jalons du plan de carrière.

Le DRH peut déclencher des alertes sur les échéances clés (entretien professionnel à prévoir, bilan sexennal approchant, formation non consommée), générer des tableaux de bord de progression par équipe ou par site, et ajuster les parcours en temps réel sans ressaisie manuelle. Cela élimine le risque de manquer une obligation légale et permet de piloter la rétention des talents sur des données réelles plutôt que sur des impressions.

Logiciel de gestion des compétencesCentralisez évaluations, objectifs et historique de formation dans un seul dossier collaborateur.

Les erreurs qui font échouer un plan de carrière

La plupart des plans de carrière qui n’aboutissent pas partagent les mêmes défauts structurels, indépendamment de la taille de l’entreprise.

Construire le plan sans implication du manager direct

Un plan de carrière conçu exclusivement par le département RH sans consultation du manager de proximité rencontre une résistance systématique à l’exécution. Le manager doit être partie prenante dès la définition des objectifs : c’est lui qui connaît les contraintes opérationnelles réelles du poste cible et qui évalue au quotidien la progression du collaborateur.

Promettre sans documenter

Une perspective d’évolution annoncée verbalement lors d’un entretien annuel, sans formalisation écrite, crée une attente sans engagement. Si la promotion n’arrive pas dans le délai implicitement promis, le départ du collaborateur est souvent plus rapide que si aucune perspective n’avait été évoquée. Le plan de carrière doit être un document signé, avec des jalons datés et des conditions explicites.

Ignorer les aspirations réelles du collaborateur

Proposer une évolution verticale à un collaborateur qui cherche une mobilité transversale, ou une mobilité géographique à quelqu’un dont les contraintes personnelles ne le permettent pas, produit l’effet inverse de celui recherché. L’évaluation initiale des aspirations n’est pas un accessoire : elle conditionne l’adhésion au plan et, par conséquent, son efficacité.

Négliger le suivi après la mise en place

Un plan de carrière formalisé en début d’année puis laissé sans suivi jusqu’à l’entretien annuel suivant n’est pas un plan de carrière : c’est un document d’intention. Le suivi trimestriel ou semestriel, avec des points intermédiaires documentés, est ce qui distingue une démarche qui produit des résultats d’une démarche qui rassure sur le papier.

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Questions fréquentes sur le plan de carrière

2 réflexions sur “Comment construire un plan de carrière pour retenir vos talents”

  1. CAMARA Mariama

    Bonjour j’apprécie votre Document très capital

  2. Emile Gbeimy

    Bonjour!
    Votre document est d’une importance capitale pour nous les professionnelles RH en début de carrière.
    J’aimerais avoir un modèle concret de plan de carrière du personnel si possible.

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