Calculer les heures de travail consiste à additionner le temps de travail effectif de chaque journée, pauses déduites, puis à comparer le total de la semaine à la durée légale de 35 heures pour isoler les heures supplémentaires.
Le temps de travail effectif est défini par l’article L3121-1 du Code du travail : c’est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur et se conforme à ses directives, sans pouvoir vaquer librement à ses occupations personnelles.
Un salarié payé 15 € brut de l’heure qui effectue 3 heures supplémentaires non payées par semaine peut réclamer près de 7 930 € de rappel (3 h × 15 € × 1,25 × 47 semaines × 3 ans), la prescription étant de 3 ans (article L3245-1 du Code du travail).
Calculette : calculer les heures de travail et les heures supplémentaires
Saisissez les heures d’arrivée, de départ et la durée de pause de chaque jour. La calculette applique le seuil légal de 35 heures et les majorations de 25 % et 50 % prévues à défaut d’accord collectif, puis signale les dépassements des durées maximales.
Calculateur des heures de travail
Pour le service RH : heures travaillées, heures normales et heures supplémentaires de la semaine
Horaires de la semaine
Laissez vides les jours non travaillés. Un départ antérieur à l’arrivée est traité comme une journée qui se termine le lendemain. Base : temps plein à 35 heures, majorations légales à défaut d’accord.
Détail du calcul des heures de travail
Détail par jour
| Jour | Horaires et pause | Durée (centièmes) |
|---|---|---|
| Total de la semaine | ||
* Calcul indicatif basé sur le Code du travail (articles L3121-27, L3121-33 et L3121-36) : heures supplémentaires majorées de 25 % de la 36e à la 43e heure et de 50 % au-delà, à défaut d’accord. Une convention collective ou un accord d’entreprise peut prévoir un autre taux (10 % minimum) ou un décompte sur une période supérieure à la semaine. Depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 10 septembre 2025, les jours de congés payés de la semaine sont à prendre en compte pour le seuil des heures supplémentaires. Ne remplace pas un logiciel de paie ni l’avis d’un expert-comptable.
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Comment calculer les heures de travail d’un salarié en 4 étapes
Le calcul suit toujours le même ordre, sur papier, sur Excel ou avec un logiciel de gestion des temps. Chaque étape neutralise une source d’erreur fréquente en paie.
Étape 1 : identifier le temps de travail effectif
Seul le temps de travail effectif est décompté. Les pauses et le temps de restauration n’en font partie que si le salarié reste à la disposition de l’employeur (article L3121-2 du Code du travail), par exemple s’il doit répondre au téléphone pendant sa pause.
Le trajet domicile-travail n’est pas du temps de travail effectif (article L3121-4). Les déplacements entre deux lieux de travail au cours de la journée sont, eux, décomptés.
Étape 2 : calculer la durée de chaque journée
Pour chaque jour, on applique la formule suivante, en déduisant uniquement les pauses pendant lesquelles le salarié est libre de vaquer à ses occupations.
Heures du jour = heure de départ – heure d’arrivée – durée des pauses
Un salarié qui pointe de 8 h 30 à 17 h 15 avec 45 minutes de pause est présent 8 h 45 et travaille donc 8 heures de travail effectif.
Étape 3 : convertir les minutes en centièmes d’heure
Les logiciels de paie calculent en heures décimales, appelées centièmes. 7 h 45 s’écrit donc 7,75 et non 7,45. La règle : diviser le nombre de minutes par 60.
| Minutes | Centièmes d’heure | Minutes | Centièmes d’heure |
|---|---|---|---|
| 5 min | 0,08 | 30 min | 0,50 |
| 10 min | 0,17 | 35 min | 0,58 |
| 15 min | 0,25 | 40 min | 0,67 |
| 20 min | 0,33 | 45 min | 0,75 |
| 25 min | 0,42 | 50 min | 0,83 |
L’erreur de conversion coûte cher. Saisir 8,25 au lieu de 8,42 pour une journée de 8 h 25 fait perdre 10 minutes par jour, soit 38 heures par an et par salarié sur une base de 228 jours travaillés.
Étape 4 : comparer le total de la semaine au seuil de 35 heures
Les heures supplémentaires se décomptent par semaine, et non par jour ou par mois. À défaut d’accord, la semaine court du lundi 0 heure au dimanche 24 heures (article L3121-35 du Code du travail).
Toute heure au-delà de la 35e heure hebdomadaire, accomplie à la demande ou avec l’accord de l’employeur, est une heure supplémentaire. Une journée de 9 heures compensée par une journée de 5 heures dans la même semaine ne génère aucune heure supplémentaire.
Heures supplémentaires = total des heures de la semaine – 35 heures

Calculer les heures de travail par jour, par semaine, par mois et par an
Chaque période répond à un besoin de gestion différent : le jour pour contrôler les durées maximales, la semaine pour les heures supplémentaires, le mois pour la paie et l’année pour l’annualisation.
Par jour : 7 heures de référence, 10 heures maximum
Pour un temps plein réparti sur cinq jours, la journée de référence est de 7 heures (35 h ÷ 5). La durée maximale quotidienne est de 10 heures (article L3121-18), qu’un accord collectif peut porter à 12 heures en cas d’activité accrue.
Dès que la journée atteint 6 heures de travail, le salarié bénéficie d’une pause d’au moins 20 minutes consécutives (article L3121-16), et deux journées sont séparées par un repos quotidien de 11 heures (article L3131-1).
Par semaine : 35 heures légales, 48 heures maximum
La durée légale est de 35 heures par semaine (article L3121-27). Elle n’est pas un plafond mais le seuil de déclenchement des heures supplémentaires.
La durée hebdomadaire ne peut dépasser 48 heures sur une même semaine, ni 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives (articles L3121-20 et L3121-22).
Par mois : 151,67 heures pour un temps plein
Le salaire étant mensualisé (article L3242-1), la durée mensuelle de référence lisse les écarts entre les mois de 4 et de 5 semaines.
Heures mensuelles = 35 h × 52 semaines ÷ 12 mois = 151,67 heures
Pour un contrat à 39 heures par semaine, la même formule donne 169 heures par mois, dont 17,33 heures supplémentaires structurelles majorées à 25 %.
Par an : 1 607 heures
La référence annuelle de 1 607 heures sert de seuil de décompte des heures supplémentaires lorsque le temps de travail est aménagé sur l’année (article L3121-41). Elle se retrouve par le calcul suivant.
Heures annuelles = (365 jours – 104 samedis et dimanches – 25 jours de congés payés – 8 jours fériés) × 7 h = 1 596 h, arrondies à 1 600 h + 7 h de journée de solidarité = 1 607 heures
Ce calcul retient 8 jours fériés tombant un jour ouvré, une moyenne. Le nombre réel varie chaque année, d’où un seuil de 1 607 heures fixé par la loi plutôt que recalculé.
Les cadres au forfait jours échappent à ce calcul horaire : leur temps de travail se décompte en jours, dans la limite de 218 jours par an.

Heures supplémentaires : seuil, majorations et nouvelle règle des congés payés
Les taux de majoration
À défaut d’accord, les heures supplémentaires sont majorées de 25 % pour les 8 premières heures (de la 36e à la 43e) et de 50 % au-delà.
Un accord d’entreprise ou, à défaut, de branche peut fixer un taux différent, sans descendre sous 10 %. La convention collective se vérifie donc avant tout calcul.
| Heures de la semaine | Statut | Majoration légale (à défaut d’accord) |
|---|---|---|
| De la 1re à la 35e heure | Heures normales | Aucune |
| De la 36e à la 43e heure | Heures supplémentaires | 25 % |
| À partir de la 44e heure | Heures supplémentaires | 50 % |
Le paiement majoré peut être remplacé, en tout ou partie, par un repos compensateur de remplacement équivalent, si un accord le prévoit.
Le contingent annuel de 220 heures
À défaut d’accord, le contingent annuel est fixé à 220 heures par salarié. Au-delà, chaque heure supplémentaire ouvre droit, en plus de la majoration, à une contrepartie obligatoire en repos.
Cette contrepartie est égale à 50 % des heures effectuées dans les entreprises de 20 salariés au plus, et à 100 % au-delà de 20 salariés.
Semaine avec congés payés : ce qui change depuis septembre 2025
Jusqu’en 2025, les jours de congés payés n’étaient pas comptés pour atteindre le seuil de 35 heures. Un salarié qui posait un jour de congé et travaillait 34 heures le reste de la semaine n’avait droit à aucune heure supplémentaire.
Par un arrêt du 10 septembre 2025 (Cass. soc., n° 23-14.455), la Cour de cassation a écarté partiellement l’article L3121-28 pour se conformer au droit de l’Union européenne. Le salarié soumis à un décompte hebdomadaire peut désormais prétendre aux majorations qu’il aurait perçues s’il avait travaillé toute la semaine.
Conséquence pratique : les paramétrages de paie et les outils de calcul antérieurs à cet arrêt sont à revoir, car beaucoup excluent encore les jours de congé du seuil. Le détail du décompte des jours est expliqué dans notre guide pour calculer les congés payés.
Temps partiel : les heures complémentaires
Pour un salarié à temps partiel, les heures effectuées au-delà du contrat sont des heures complémentaires, pas des heures supplémentaires. Elles sont limitées au dixième de la durée contractuelle, ou au tiers si un accord le prévoit.
À défaut d’accord, elles sont majorées de 10 % dans la limite du dixième et de 25 % au-delà. Elles ne peuvent jamais porter la durée du travail au niveau d’un temps plein.
4 cas pratiques de calcul des heures de travail
Les exemples suivants reposent sur un taux horaire de 15 € brut et sur les majorations légales à défaut d’accord. Ils peuvent être reproduits avec la calculette en haut de l’article.
Cas 1 : une semaine de 40 heures
Un salarié à temps plein travaille 8 heures par jour du lundi au vendredi, soit 40 heures. Les 35 premières heures sont couvertes par le salaire mensualisé, les 5 heures suivantes sont majorées de 25 %.
Heures supplémentaires = 5 h × 15 € × 1,25 = 93,75 € brut, dont 18,75 € de majoration
Cas 2 : une semaine de 45 heures
Sur une semaine de 45 heures, 10 heures supplémentaires sont effectuées : 8 heures à 25 % (de la 36e à la 43e) et 2 heures à 50 % (44e et 45e).
Heures supplémentaires = (8 h × 15 € × 1,25) + (2 h × 15 € × 1,50) = 150 € + 45 € = 195 € brut
À 45 heures, la semaine reste sous le plafond de 48 heures, mais elle pèse sur la moyenne de 44 heures sur 12 semaines : plusieurs semaines de ce type d’affilée exposent l’employeur à un dépassement.
Cas 3 : une semaine avec un jour de congé payé
Un salarié pose un jour de congé payé le lundi (journée habituelle de 7 heures), puis travaille 8 h 30 par jour du mardi au vendredi, soit 34 heures de travail effectif.
Avant septembre 2025 : 34 heures, aucune heure supplémentaire. Depuis l’arrêt du 10 septembre 2025, le lundi est pris en compte : 34 h + 7 h = 41 heures, soit 6 heures ouvrant droit à la majoration de 25 %.
Majoration due = 6 h × 15 € × 0,25 = 22,50 € brut
Cas 4 : un temps partiel à 24 heures qui en effectue 27
Un salarié sous contrat de 24 heures hebdomadaires en effectue 27. Le dixième de sa durée contractuelle est de 2,4 heures : les 0,6 heure restantes supposent un accord collectif portant la limite au tiers.
Heures complémentaires = (2,4 h x 15 € x 1,10) + (0,6 h x 15 € x 1,25) = 39,60 € + 11,25 € = 50,85 € brut

Décompte des heures : ce que le Code du travail impose à l’employeur
Calculer les heures de travail n’est pas une simple tâche de gestion, c’est une obligation légale. L’employeur doit pouvoir prouver, pour chaque salarié, les heures réellement effectuées.
Le décompte quotidien et le récapitulatif hebdomadaire
Lorsque les salariés ne travaillent pas selon le même horaire collectif, la durée du travail est décomptée chaque jour, par enregistrement des heures de début et de fin, puis récapitulée chaque semaine.
Le non-respect de ces règles de décompte est puni de l’amende prévue pour les contraventions de 4e classe, soit 750 € au plus, appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés.
La preuve des heures en cas de litige
En cas de litige, la preuve des heures est partagée entre l’employeur et le salarié (article L3171-4 du Code du travail). Le salarié présente des éléments suffisamment précis, l’employeur y répond avec ses propres éléments de décompte.
Concrètement, sans système de décompte fiable, le relevé tenu par le salarié suffit souvent à emporter la décision. Un tableau Excel modifiable après coup offre une valeur probante faible.
Les plafonds à respecter
| Règle | Limite | Référence (Code du travail) |
|---|---|---|
| Durée quotidienne de travail effectif | 10 heures (12 heures par accord) | L3121-18 et L3121-19 |
| Pause | 20 minutes dès 6 heures de travail | L3121-16 |
| Repos quotidien | 11 heures consécutives | L3131-1 |
| Durée hebdomadaire absolue | 48 heures | L3121-20 |
| Durée hebdomadaire moyenne | 44 heures sur 12 semaines consécutives | L3121-22 |
| Repos hebdomadaire | 35 heures consécutives (24 h + 11 h) | L3132-2 |
| Contingent d’heures supplémentaires | 220 heures par an à défaut d’accord | D3121-24 |
| Durée annuelle de référence | 1 607 heures | L3121-41 |
Le risque de travail dissimulé
Mentionner intentionnellement sur le bulletin de paie un nombre d’heures inférieur à celui réellement effectué constitue du travail dissimulé. À la rupture du contrat, le salarié peut obtenir une indemnité forfaitaire de 6 mois de salaire.

Tableau Excel, badgeuse ou logiciel : quelle méthode selon votre effectif
Toutes les méthodes permettent de calculer les heures. Les outils de gestion du temps diffèrent sur trois points : la fiabilité de la preuve, la charge administrative et la gestion des cas complexes (majorations, congés payés, horaires variables).
| Méthode | Points forts | Limites | Adaptée à |
|---|---|---|---|
| Feuille papier | Aucun coût, mise en place immédiate | Calcul manuel, valeur probante faible, archivage difficile | Très petites équipes à horaire fixe |
| Tableau Excel | Formules automatiques, gratuit | Modifiable après coup, erreurs de saisie et de conversion, aucun contrôle des plafonds | Moins de 10 salariés à horaire collectif |
| Badgeuse seule | Horodatage fiable des entrées et sorties | Pas de calcul des majorations, export manuel vers la paie | Site unique avec accès physique |
| Logiciel de gestion des temps | Calcul automatique des heures et des majorations, alertes, historique signé | Coût d’abonnement, paramétrage initial de la convention collective | Horaires variables, plusieurs sites, télétravail |
Le passage à un logiciel se justifie dès que les horaires varient d’un salarié à l’autre : c’est précisément le cas où le Code du travail impose le décompte quotidien, et celui où Excel atteint ses limites.

Comment Bizneo HR calcule les heures normales, supplémentaires et majorées
Le logiciel de gestion du temps de travail de Bizneo HR relie dans un même moteur les pointages, les plannings, les absences et les incidents. Les heures sont calculées selon les règles de votre convention collective, sans ressaisie avant la paie.
Un pointage adapté à chaque organisation
Vos équipes pointent depuis l’application mobile iOS et Android, par code QR, code PIN ou badge NFC, y compris hors connexion avec synchronisation ultérieure. La géolocalisation restrictive limite le pointage aux lieux autorisés pour les équipes terrain et en télétravail.
Les pauses manuelles, automatiques ou non rémunérées se paramètrent par politique de pointage, ce qui garantit que seul le temps de travail effectif entre dans le calcul.

Des majorations appliquées automatiquement
Bizneo HR applique des facteurs de majoration combinés par type de jour et par plage horaire : heures supplémentaires, nuit, dimanche, jour férié, astreinte. Une heure effectuée un dimanche soir reçoit ainsi la majoration prévue par votre accord pour cette combinaison.
Les heures excédentaires sont compensées en masse en récupération, en variable de paie ou par simple ajustement, selon la politique définie par l’entreprise.

Des incidents résolus avant d’arriver à la paie
Bizneo HR détecte plus de 15 types d’incidents (oubli de pointage, retard, pause non prise, heures supplémentaires non validées) et les soumet d’abord au salarié, puis au manager si l’incident persiste. Le service RH ne reçoit que les vraies exceptions.

Des plannings qui anticipent les dépassements
Le planificateur journalier, hebdomadaire, mensuel et annuel gère automatiquement les conflits d’horaires et notifie les managers. L’histogramme de couverture des plannings de travail permet de répartir la charge avant que les heures supplémentaires ne s’accumulent.

Une preuve exploitable en cas de contrôle
Bizneo HR génère un rapport d’audit en PDF personnalisable, avec signature. En cas de contrôle de l’inspection du travail ou de litige prud’homal, l’entreprise dispose d’un décompte horodaté, validé et archivé pour chaque semaine.
Les rapports par type d’heures et par type de majoration (nuit, rotation, compensation, heures supplémentaires) alimentent directement la préparation de la paie.

Le gestionnaire de paie ne recalcule plus des dizaines de feuilles de temps le 25 du mois : il valide les exceptions signalées, et les heures majorées arrivent déjà ventilées dans les variables de paie.
