En France, l’absence de CSE dans une entreprise qui remplit les conditions de seuil constitue un délit d’entrave passible de 7 500 € d’amende et d’un an d’emprisonnement. Le non-respect de l’OETH représente environ 4 600 € par bénéficiaire manquant. Un Index Egapro non publié expose à une pénalité pouvant atteindre 1 % de la masse salariale.
Ces sanctions ne concernent pas que les grandes entreprises : elles frappent surtout les PME en croissance rapide, là où l’écart entre le moment où un seuil est franchi et le moment où la fonction RH le détecte peut durer plusieurs mois. Le schéma ci-dessous résume les paliers clés et les obligations associées à chacun.

| Seuil | Obligation clé | Sanction en cas de manquement | Délai loi PACTE |
|---|---|---|---|
| 1 salarié | DUERP, affichage obligatoire, entretien professionnel | Faute inexcusable / abondement CPF 3 000 € | — |
| 11 salariés | Mise en place du CSE | Délit d’entrave : 7 500 € + 1 an d’emprisonnement | 12 mois (pas de sursis) |
| 20 salariés | OETH — 6 % de travailleurs handicapés | ~4 600 € par bénéficiaire manquant (base 2024) | 5 ans |
| 50 salariés | Règlement intérieur, NAO, Index Egapro | Jusqu’à 1 % de la masse salariale (Egapro) | 5 ans |
| 250 salariés | Représentation 40 % / loi Rixain, reporting CSRD | Gel des augmentations salariales collectives | Progressif jusqu’à 2030 |
Index
- 1 Obligations applicables dès le 1er salarié
- 2 À partir de 11 salariés : la mise en place du CSE
- 3 À partir de 20 salariés : le quota d’emploi de travailleurs handicapés (OETH)
- 4 À partir de 50 salariés : le tournant réglementaire
- 5 À partir de 250 salariés : représentation, reporting et directive CSRD
- 6 Centraliser le suivi des obligations légales avec un logiciel RH
- 7 Questions fréquentes sur les obligations des entreprises
Obligations applicables dès le 1er salarié
Avant tout seuil d’effectif, un socle d’obligations s’impose à tout employeur dès l’embauche du premier salarié. Ces règles ne sont pas conditionnées à la taille de la structure.
Affichage obligatoire dans les locaux
La loi impose que certaines informations soient accessibles à tous les salariés, dans un lieu visible des locaux. L’affichage peut être physique ou numérique, à condition d’être accessible en permanence, y compris aux salariés sans poste informatique.
Les mentions obligatoires comprennent : les coordonnées de l’inspection du travail et du médecin du travail, les horaires collectifs de travail, les consignes de sécurité et d’incendie, les textes sur l’égalité de rémunération et la lutte contre le harcèlement.
Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP)
Tout employeur est tenu de rédiger et de mettre à jour le DUERP, qui recense l’ensemble des risques pour la santé et la sécurité dans chaque unité de travail. La mise à jour est obligatoire au minimum une fois par an, ou à chaque modification significative des conditions de travail.
L’absence de DUERP expose l’entreprise à une mise en demeure de l’Inspection du travail et, en cas d’accident, à une requalification en faute inexcusable de l’employeur.
Entretien professionnel tous les deux ans
Chaque salarié doit bénéficier d’un entretien professionnel tous les deux ans pour faire le point sur ses perspectives d’évolution et ses besoins en formation. Un bilan récapitulatif est obligatoire tous les six ans. En l’absence d’entretien ou de formation sur cette période, l’entreprise doit abonder le CPF du salarié à hauteur de 3 000 €.

À savoir : l’affichage gratuit obligatoire en entreprise
Certains organismes publics ou sites officiels mettent à disposition des modèles d’affichages gratuits (inspection du travail, Santé publique France, etc.). Une solution simple pour rester conforme sans coût supplémentaire, à condition de bien vérifier leur mise à jour.
À partir de 11 salariés : la mise en place du CSE
Dès que l’effectif atteint 11 salariés pendant 12 mois consécutifs, l’employeur est tenu de mettre en place un Comité Social et Économique (CSE). Ce seuil est souvent sous-estimé, notamment par les entreprises en croissance rapide.
Comment se calcule le seuil de 11 salariés ?
Le seuil se calcule en équivalent temps plein (ETP), en tenant compte de l’ensemble des salariés : CDI, CDD, temps partiels au prorata, et intérimaires présents depuis au moins 12 mois continus dans l’entreprise. Un dépassement ponctuel ne déclenche pas immédiatement l’obligation, le seuil doit être maintenu pendant 12 mois consécutifs. Notez que le CSE est l’une des rares obligations qui ne bénéficie pas du sursis de 5 ans de la loi PACTE : l’élection doit être lancée dès le 13ème mois.
Ce que l’employeur doit organiser
L’employeur doit organiser les élections des membres du CSE, leur garantir des heures de délégation (10 heures/mois pour les entreprises de 11 à 49 salariés), et mettre à disposition un local si l’effectif dépasse 49 salariés. Le CSE doit être consulté sur les conditions de travail, la sécurité et la formation professionnelle.
Sanction en l’absence de CSE
L’absence de CSE dans une entreprise de plus de 11 salariés constitue un délit d’entrave, passible de 7 500 € d’amende pour la personne morale et d’un an d’emprisonnement pour les personnes physiques responsables. Ce risque pénal est souvent ignoré des dirigeants de PME en croissance rapide.

À partir de 20 salariés : le quota d’emploi de travailleurs handicapés (OETH)
Toute entreprise atteignant 20 salariés est soumise à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés (OETH). Cette obligation, encadrée par l’article L5212-2 du Code du travail, impose un taux minimum de 6 % de l’effectif moyen annuel. Le quota de 6 % s’applique dès 20 salariés (moyenne annuelle). La loi PACTE accorde un délai de 5 ans après le premier franchissement avant d’exiger le paiement de la contribution en cas de non-atteinte du quota.
Calcul du quota et modes de remplissage
L’obligation se remplit en combinant plusieurs leviers : embauche directe de travailleurs reconnus handicapés (RQTH), recours à des entreprises du secteur protégé (ESAT, EA), accueil de stagiaires handicapés. Le tout est déclaré mensuellement via la Déclaration Sociale Nominative (DSN).
Contribution à l’Agefiph en cas de non-atteinte du quota
Si l’entreprise n’atteint pas le taux de 6 %, elle verse une contribution à l’Agefiph calculée sur le nombre de bénéficiaires manquants. Le montant annuel peut atteindre 400 fois le SMIC horaire par bénéficiaire manquant, soit environ 4 600 € par unité manquante (base 2024). Ce montant est modulable à la hausse pour les entreprises n’ayant aucun travailleur handicapé depuis plus de 3 ans. L’Agefiph dispose d’un simulateur en ligne à consulter.
À partir de 50 salariés : le tournant réglementaire
Le franchissement du seuil de 50 salariés est le palier qui génère le plus de nouvelles obligations simultanées. Il marque généralement la nécessité de structurer ou de renforcer une fonction RH dédiée. Depuis la loi PACTE, la plupart de ces obligations ne deviennent effectives que si le seuil de 50 salariés est franchi pendant 5 années civiles consécutives, offrant un droit à l’erreur aux entreprises en croissance.
Règlement intérieur : obligation, contenu, procédure
Le règlement intérieur devient obligatoire à partir de 50 salariés maintenus pendant 12 mois. Il doit préciser les règles d’hygiène et de sécurité, les conditions d’utilisation du matériel professionnel, les sanctions disciplinaires et les comportements prohibés (harcèlement, violence). Toute clause contraire aux libertés fondamentales ou discriminatoire est nulle.
Le document doit être soumis à l’avis du CSE, puis déposé à l’inspection du travail. Il entre en vigueur un mois après l’accomplissement de ces formalités. Son absence expose l’entreprise à l’impossibilité légale d’appliquer des sanctions disciplinaires.
Négociations annuelles obligatoires (NAO)
À partir de 50 salariés, l’employeur est tenu d’ouvrir chaque année des négociations avec les représentants syndicaux sur trois blocs principaux : la rémunération et le partage de la valeur, l’égalité professionnelle et la qualité de vie au travail, la gestion des emplois et des parcours professionnels. En l’absence d’accord, l’employeur peut prendre des décisions unilatérales après consultation du CSE, mais l’ouverture de la négociation reste obligatoire.

Index égalité femmes-hommes : calcul, publication, plan correctif
Depuis 2019, toute entreprise de 50 salariés et plus doit calculer et publier chaque année son index de l’égalité professionnelle (également appelé Index Egapro). Il est calculé sur 5 indicateurs : écart de rémunération, écarts d’augmentations individuelles, écarts de promotions, retour de congé maternité, part des femmes parmi les 10 plus hautes rémunérations.
Un score inférieur à 75 points sur 100 oblige l’entreprise à définir des mesures correctives et, si le score reste sous 85 points pendant 3 ans consécutifs, à publier un plan de rattrapage avec objectifs chiffrés. La pénalité en cas de non-publication peut atteindre 1 % de la masse salariale
Santé et sécurité au travail : obligations renforcées à 50 salariés
Au-delà du DUERP obligatoire pour toutes les entreprises, les structures de 50 salariés doivent intégrer la santé et la sécurité dans leur politique sociale. Le CSE est consulté sur toutes les questions liées aux conditions de travail et aux risques professionnels. L’entreprise doit également mettre en œuvre un programme annuel de prévention, particulièrement dans les secteurs à risque.
Obligations RSE à partir de 50 salariés
Le franchissement de 50 salariés déclenche plusieurs obligations RSE concrètes : publication de l’Index Egapro (voir ci-dessus), plans d’action contre les discriminations, et respect de la loi Pacte qui invite à intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans la gestion courante. Le reporting extra-financier formalisé s’applique à partir de seuils plus élevés (voir section suivante).
À partir de 250 salariés : représentation, reporting et directive CSRD
Au-delà de 250 salariés, les obligations se déplacent vers la gouvernance et la transparence externe. Deux axes principaux s’imposent.
Représentation équilibrée dans les instances dirigeantes
La loi Rixain de décembre 2021 impose aux entreprises de plus de 250 salariés une représentation d’au moins 40 % de chaque sexe parmi leurs cadres dirigeants et membres des instances dirigeantes, à atteindre progressivement d’ici 2030. Les entreprises doivent publier chaque année le taux de représentation, sous peine de gel des augmentations salariales collectives.
Directive CSRD et reporting ESG
La directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), applicable en France depuis 2024, exige un reporting détaillé sur les impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Elle s’applique aux entreprises remplissant au moins deux des trois critères suivants : plus de 250 salariés, chiffre d’affaires supérieur à 50 M€, total de bilan supérieur à 25 M€. Ce reporting doit être audité par un tiers indépendant.
Centraliser le suivi des obligations légales avec un logiciel RH
Gérer la conformité par seuil d’effectif suppose de suivre en permanence deux données qui bougent simultanément : l’effectif réel et les obligations déclenchées. Pour une entreprise en croissance, l’écart entre le moment où un seuil est franchi et le moment où la fonction RH le détecte peut suffire à exposer l’entreprise à un délit d’entrave ou à une pénalité sur la masse salariale.
Le logiciel RH de Bizneo HR calcule les effectifs ETP en continu à partir des données de présence et des contrats actifs, et émet une alerte lorsque l’entreprise approche des seuils de 11, 20 ou 50 salariés, ce qui laisse le temps d’organiser les élections du CSE ou de rédiger le règlement intérieur avant d’être en défaut légal, plutôt qu’après.

Sur l’égalité professionnelle, le module de reporting de Bizneo HR calcule les 5 indicateurs de l’Index Egapro directement depuis les données de paie et de carrière déjà présentes dans le système (écarts de rémunération, taux d’augmentation, retours de congé maternité) et identifie les catégories socioprofessionnelles où un écart correctif est nécessaire. Cela évite la reconstitution manuelle des données à chaque échéance annuelle, source d’erreurs qui exposent à la pénalité de 1 % de la masse salariale.
Sur la formation, le module Formation de Bizneo HR trace les entretiens professionnels et les actions de formation par salarié, et déclenche une alerte lorsqu’un collaborateur approche de la sixième année sans bilan récapitulatif, permettant d’agir avant que l’obligation d’abondement CPF de 3 000 € ne devienne inévitable.
Questions fréquentes sur les obligations des entreprises

